L’eau de bouleau se réfère au nom donné à la sève de bouleau lorsqu’elle est récoltée par entaille de l’arbre. On appelait autrefois le bouleau arbre de la sagesse, mais également arbre aux néphrétiques.

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Historique
La sève de bouleau est connue en Europe occidentale depuis le Moyen Âge.

À cette époque, la sève de bouleau est la boisson des apothicaires utilisée en cas de calculs rénaux.
Au xiie siècle, Sainte Hildegarde de Bingen décrit la sève de bouleau comme remède pour soulager les ulcères.
Au xive siècle, Conrad de Megenberg (1309-1374) décrit « l’eau de bouleau » comme ayant des propriétés médicinales sur la vessie et les reins.
En 1565, Pierandrea Mattioli (ou Matthiole), médecin et botaniste italien (1501-1577), synthétise les propriétés du bouleau, lui attribue des propriétés drainantes et le surnomme « l’arbre néphrétique ». Il explique dans son ouvrage que « Si on perce le tronc du bouleau avec une tarière, il en sort une grande quantité d’eau, laquelle a grande propriété et vertu à rompre la pierre tant aux reins qu’en la vessie, si l’on continue d’en user. Si on s’en lave la bouche, elle guérit les ulcères qui sont dedans. »
En 1800 le Baron Pierre-François Percy (1754-1825), le chirurgien militaire des armées de Napoléon, déclara « Les maladies de la peau, boutons, dartres, couperoses etc. lui résistent rarement. C’est un remède précieux dans les affections rhumatismales, les reliquats de goutte, les embarras de la vessie et une foule de maladies chroniques. »
Le médecin français Henri Leclerc (1870-1955) dans son ouvrage « Précis de phytothérapie. Thérapeutique par les plantes françaises » recommande les préparations à base de bouleau pour lutter contre la cellulite lorsque celle-ci est due à un excédent d’acide urique et de cholestérol.
Paul Fournier préconise des préparations en interne pour résoudre les difficultés urinaires.
Le docteur Artault de Vevey (Suisse) a attribué une action diurétique au bouleau, le préconisant pour compléter le traitement de l’azotémie (rétention de l’urée dans le sang) et de divers symptômes : maux de tête, névralgies, vertiges…
Le docteur Jean Valnet (1920-1995) dans son livre La Phytothérapie – Se soigner par les plantes indique que la sève de bouleau agit sur la lithiase urinaire et les coliques néphrétiques.
Récolte[modifier | modifier le code]
Il existe la sève brute (la sève montante) qui est absorbée au niveau des racines par les poils absorbants. Elle circule principalement dans les vaisseaux du bois. C’est cette sève qu’on cherchera à récolter pour ses bienfaits. La sève élaborée (la sève descendante) qui circule principalement dans le phloème, tissu conducteur, situé juste sous l’écorce.

La sève de bouleau (brut) se récolte au printemps, à la montée de sève, juste avant l’apparition des jeunes feuilles. La sève est aussi surnommée « l’eau de bouleau » car elle est incolore et fluide comme de l’eau. Elle a un goût d’eau légèrement boisée, minéralisée1.

Il existe deux méthodes de récolte de sève de bouleau :

Récolte artisanale[modifier | modifier le code]
Pour récolter la sève de bouleau, il faut aller en pleine forêt afin d’avoir une sève riche en propriété minérale. La récolte se fait au moyen d’une perceuse, un tuyau en plastique alimentaire de 6 à 8 mm taillé en biseau, un récipient et une cheville en bois conique du même diamètre que le trou.

Avec une perceuse dont on aura pris soin de désinfecter le foret, on perce l’arbre de 4 à 5 cm de profondeur, d’un trou du même diamètre que le tuyau ; le côté biseauté du tuyau est inséré dans le trou ; son autre extrémité va dans le récipient ; la sève de bouleau coule dans le récipient ; après la récolte, le trou se rebouche avec une cheville en bois conique. L’écorce se refait et on peut prélever la sève l’année suivante. Cette récolte n’épuise pas l’arbre et n’est pas dangereuse pour lui.

Ce type de récolte est accessible à tous. On peut boire la sève de bouleau directement sortie du tronc de l’arbre. Elle ne se conservera pas plus de quelques jours au frais. Afin de prolonger la conservation, il est nécessaire de stabiliser la sève. Pour cela, il y a différentes façon de procéder. Les plus courantes sont l’ajout d’alcool pur, de clous de girofle, ou bien des extraits de bourgeons. Il est également possible de la pasteuriser ou de la congeler. La pasteurisation consiste à chauffer. De cette façon la sève pourra se conserver pendant environ deux années avant ouverture. Il faut cependant savoir que la sève perdra sa vitamine C, ses enzymes et ferments dans le processus. La sève pasteurisée ne peut plus s’appeler “sève fraiche” quelle que soit la température de pasteurisation.

Le but est d’éviter l’état de fermentation de la sève de bouleau. On reconnaît une sève de bouleau fermentée à sa couleur blanchâtre, son goût acidulée ; elle est légèrement pétillante. Une fermentation de la sève de bouleau se produit avec le contact à l’air lors de la récolte. Les bactéries se développent et son pH s’acidifie. Sans gravité, elle peut déranger le transit et acidifier l’organisme.

Récolte finlandaise[modifier | modifier le code]
La récolte et la mise en flacon se font sous vide d’air afin de stabiliser une sève de bouleau.

La Finlande possède un biotope favorable à de grandes récoltes de sève de bouleau. On y trouve des forêts à perte de vue. Cela a permis de mettre en place un procédé unique au monde de récolte de sève fraiche de bouleau.

Composition[modifier | modifier le code]
La sève de bouleau contient deux hétérosides : le bétuloside et le monotropitoside, des acides de fruits (acide malique, acide succinique, acide phosphorique et acide citrique), 17 acides aminés dont l’acide glutamique. On y trouve beaucoup de minéraux tels que calcium, potassium, magnésium, phosphore, zinc, manganèse, fer, chrome, sélénium, cobalt, or, silicium, cuivre et lithium.

Il ne faut pas confondre :

jus de bouleau (macéra aqueux des feuilles de l’arbre) et sève de bouleau ;
sucre de bouleau (xylitol extrait de l’écorce du bouleau) et sève de bouleau.
Utilisation[modifier | modifier le code]
En cosmétique[modifier | modifier le code]
La sève de bouleau est utilisée dans les cosmétiques. Déjà utilisée depuis très longtemps par les peuples nordiques, slaves et asiatiques. Les produits les plus connus sont les lotions capillaires2.

En cuisine[modifier | modifier le code]
La sève de bouleau n’est pas aussi riche que celle de l’érable3, mais elle a remplacé à une époque les liqueurs spiritueuses et les vins dans de nombreux pays. Longtemps, les paysans russes l’ont utilisée sans préparation telle qu’elle coule de l’arbre.

On peut faire de l’eau de vie de bouleau en faisant bouillir 25 litres de sève de bouleau avec 3 kg de sucre. On le laisse cuire jusqu’à ce que le mélange ait diminué d’un quart. Il faut ensuite écumer, passer et mettre en fût afin d’amorcer la fermentation avec 100 g de levure de bière ou de vin. Pendant la fermentation, on ajoute peu à peu 5 litres de vin blanc et 4 citrons coupés en tranches. Mettre en baril et attendre un mois avant de faire la mise en bouteilles. Ce vin est réputé pour avoir un gout très agréable. On le boit modérément4.

Au Canada et en Alaska, l’eau de bouleau est concentrée par évaporation afin d’éliminer l’eau et d’augmenter ainsi la concentration en glucides jusqu’à un taux minimum de 66 % afin de faire du sirop de bouleau5. Le sirop obtenu est utilisé de la même façon que le sirop d’érable.

En phytothérapie[modifier | modifier le code]
La sève de bouleau est utilisée en phytothérapie à des fins dépuratives[pas clair], amaigrissantes et ré-minéralisantes[pas clair]6. Elle est également utilisée dans les cas d’hyperuricémie et d’hypercholestérolémie7. Cependant, il n’existe pas de preuve suffisante de son efficacité.

Dans le cadre de la phytothérapie, le docteur Jean Valnet préconise une cure à raison d’un demi-verre à un verre chaque matin à jeun pendant 21 jours8.

Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ Article dans Alternative Santé – Cure : La sève de Bouleau – no 343 avril 2007
↑ http://www.swissnat.com/FrontOffice/i5628/article/Minceur/Therapies-minceur/Les-incroyables-proprietes-de-la-seve-de-bouleau.htm [archive]
↑ (en) William M. Ciesla. CHAPTER 5 – SAP AND RESIN – SYRUPS, SUGAR AND CONFECTIONERY PRODUCTS – MAPLE SYRUP AND RELATED PRODUCTS – BIRCH SYRUP AND RELATED PRODUCTS. [archive] Non-Wood Forest Products from Temperate Broad-Leaved Trees. Rome, 2002. FOA (ISBN 92-5-104855-X)
↑ Livre « ces plantes qui vous guérissent » édition noir et blanc
↑ (en) Alaska Birch syrupmakers association Petition to US Food and Drug Administration for establishment of Standard of Identity for birch syrup, including the Alaska Birch Syrupmakers’ Association Best Practices [archive]. July 18, 2005. [PDF]
↑ Jean Valnet, La Phytothérapie – Se soigner par les plantes
↑ Henri Leclerc, Précis de phytothérapie. Essai de Thérapeutique par les plantes françaises.
↑ Le Docteur Jean Valnet dans son livre « La Phytothérapie – Se soigner par les plantes »

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